HostMate AI · Blog

Numéro d'enregistrement et changement d'usage : ce que la loi Le Meur change pour votre location

Si vous louez en courte durée, la partie administrative n'a jamais autant bougé qu'en ce moment. La loi du 19 novembre 2024, dite « loi Le Meur », a changé le cadre — et surtout, elle s'applique progressivement, par décrets qui s'échelonnent. Résultat : ce qui est vrai dans votre commune ce mois-ci ne l'était peut-être pas il y a six mois, et ne le sera peut-être pas partout au même moment.

D'où deux erreurs symétriques qu'on lit partout : « c'est obligatoire partout » et « ça ne change rien ». Les deux sont fausses. La vérité est plus inconfortable : ça dépend de votre commune, et c'est à vous de vérifier, parce que le calendrier d'application n'est pas uniforme.

Deux choses différentes qu'on confond tout le temps

C'est la confusion numéro un, y compris chez des hôtes expérimentés.

1. Le numéro d'enregistrement (la déclaration). C'est une démarche déclarative : vous signalez votre meublé à la commune et recevez un numéro. La loi Le Meur généralise ce dispositif — il a vocation à s'étendre à l'ensemble du territoire via un téléservice national, y compris pour les résidences principales, là où avant beaucoup de communes ne demandaient rien. Point important : ce numéro doit figurer sur toutes vos annonces (Airbnb, Booking, etc.).

2. L'autorisation de changement d'usage (l'autorisation). C'est autre chose, et c'est plus lourd. Transformer un logement d'habitation en meublé touristique peut exiger une autorisation — pas une simple déclaration — dans les communes en zone tendue et les grandes villes. Une autorisation, contrairement à une déclaration, peut être refusée. La loi Le Meur y a ajouté une condition nouvelle : un diagnostic de performance énergétique (DPE) atteignant une note minimale.

Vous pouvez être concerné par l'une, par l'autre, par les deux, ou par aucune — selon où se trouve votre logement et selon l'avancement des décrets. C'est exactement pour ça qu'une réponse générale trouvée en ligne ne vaut rien pour votre cas.

La seule source fiable, c'est votre mairie — pas Airbnb

Il n'existe pas de liste unique, publique et à jour de toutes les communes ayant activé chaque obligation, parce que le déploiement est en cours. Les listes d'Airbnb ou de Booking existent mais accusent souvent du retard. La seule source qui engage, c'est votre commune.

Appelez ou passez au service « urbanisme », « logement » ou « déclarations » de votre mairie, et posez la question précisément :

« J'ai un logement au [adresse exacte], que je loue (ou veux louer) en meublé de tourisme courte durée. Dois-je faire une déclaration avec numéro d'enregistrement ? Et une autorisation de changement d'usage ? »

Si on vous répond « déclaration » ou « autorisation », demandez systématiquement :

Et surtout : demandez à recevoir la réponse par écrit (email, lien officiel). Ce qui se dit au téléphone et ce qui figure sur le formulaire divergent parfois ; en cas de contrôle, c'est l'écrit qui vous protège. Notez la date de l'appel et le nom de votre interlocuteur.

Vous louez déjà sans le savoir : agir, sans paniquer

Si votre location tourne depuis des mois et que vous découvrez qu'une déclaration (ou une autorisation) était requise, le bon réflexe n'est pas de se cacher, c'est de régulariser. Appelez la mairie, expliquez, demandez la marche à suivre. Une déclaration oubliée se rattrape ; une activité poursuivie sciemment sans l'autorisation exigée en zone régulée, beaucoup moins — et la loi Le Meur a renforcé les sanctions possibles. La distinction déclaration / autorisation redevient ici décisive : rater une déclaration est un oubli administratif ; passer outre une autorisation refusée est un vrai risque.

Le piège de la résidence principale

Une idée reçue tenace : « c'est ma résidence principale, je ne suis pas concerné. » De moins en moins vrai. La règle des 120 jours par an de location pour une résidence principale existe toujours, mais la loi Le Meur permet désormais aux communes d'abaisser ce plafond, et l'obligation de déclaration avec numéro s'étend justement aussi aux résidences principales. Ne partez pas du principe que votre statut vous exempte — vérifiez-le pour votre commune.

Ce qu'il faut faire cette semaine

  1. Appelez votre mairie avec votre adresse précise en main. Pas « quelles sont les règles ? », mais « pour CE logement, qu'est-ce que je dois faire ? »
  2. Distinguez les deux démarches dans la réponse : numéro d'enregistrement (déclaration) et changement d'usage (autorisation). Ce ne sont pas la même chose.
  3. Obtenez la réponse par écrit et le formulaire officiel.
  4. Mettez votre numéro d'enregistrement sur toutes vos annonces dès que vous l'avez — c'est une obligation, et son absence est facilement repérable.
  5. Revérifiez dans quelques mois si votre commune était « en attente de décret » : le cadre s'étend par étapes jusqu'en 2026.

Dix minutes d'appel aujourd'hui valent mieux qu'une régularisation sous pression plus tard. La plupart des hôtes attendent le problème au lieu de décrocher leur téléphone — c'est précisément ce délai qui coûte cher.


À vérifier — sources officielles. Le déploiement de la loi Le Meur se fait par décrets et varie selon les communes. Confirmez ce qui s'applique à votre logement ici, et auprès de votre mairie :

Cet article donne des repères, pas un avis juridique : pour votre situation, la mairie fait foi.

Le guide gratuit : les six messages d'un séjour écrits en entier, vingt règles reformulées et une checklist à imprimer.

Ouvrir le guide

Vous gérez une location courte durée ? HostMate rédige vos messages voyageurs, votre livret d'accueil et vos réponses aux litiges — dans la langue de votre voyageur. Essai gratuit de 7 jours.

Essayer HostMate